Lilya Corneli et Oleg Dou
Lilya Corneli

Lilya Corneli est née en 1978 à Yerevan en Arménie. Ses premiers contacts avec la photographie remontent à son enfance lorsqu’elle subtilisa l’appareil photo Zenit de son père. Son travail prit une tournure plus personnelle, quand, il y a deux ans, elle découvrit les techniques numériques et commença à se prendre elle-même en photo. Aujourd’hui établie à Berlin, elle alterne les prises de vues numériques et traditionnelles, mais il lui arrive souvent de combiner les deux tendances de la photographie pour nous proposer des clichés d’une sensibilité intimiste à fleur de peau. Les œuvres de Corneli possèdent une pellicule atmosphérique particulière : elle parvient à créer un monde personnel et récurent de par la prédilection pour les tons rompus et sépias mais également par une altération illusionniste de la surface de l’image. Ses photographies, dont certaines présentent des effets de matière impressionnants, sont toutes en délicatesse et fragilité : elles semblent appartenir à une époque révolue.
Le modèle féminin est le thème central de l’œuvre prolifique de Corneli. Mais ce modèle joue à cache-cache et ne se révèle jamais dans une froide ou frontale objectivité : il est avant tout un être sensible, une individualité dont l’émotivité est accentuée par les cadrages décentrés qui ne laissent apparaître parfois qu’une partie de l’anatomie du modèle.
Complice de Oleg Dou, Lilya Corneli est également proche du duo perfomer musical Lady Bloody Mary, composé de Maria Mann et de Marco Reinheld. Deux clichés présentés à l’occasion sont des illustrations de leur dernière performance «Unzweins».
Oeuvres:
Oleg Dou


Oleg Dou est né à Moscou le 19 août 1983. Il y vit toujours, tout en partageant une forte amitié avec Lilya Corneli. Sa mère, artiste peintre, l’impliqua dès son plus jeune âge dans une vie artistique intense. Très tôt, ses aspirations le mènent à des formations en design. Cependant, un attrait grandissant pour l’individualité humaine et l’expression personnelle le mène à la photographie qu’il pratique dès 2005. Sa maîtrise virtuose des techniques de pointe en manipulation de l’image alliée à son amour pour la photographie nous offrent des œuvres étonnement intenses, exprimant chacune une sensible réalité auréolée d’une fascinante artificialité.
Dou développe et pousse au bout l’idée des Surréalistes du corps devenu objet de subversions, de distorsions et autres mutations qui entament son intégrité. Les personnages présentés manquent tous d’individualité. Ses êtres, ses robots ou ses poupées nous fascinent, nous touchent, nous séduisent ou nous dérangent. Mais en aucun cas, l’œuvre ne laisse indifférent. Le visage devient un objet d’investigations minutieuses et de transformations chirurgicales d’une extrême précision. Tout ce qui pourrait rappeler la chair est effacé, gommé, lissé. La transparence de la peau de porcelaine souligne la fragilité de ces êtres purs et parfaits. Et c’est là que Dou, fils de son époque adepte de nouvelles technologies, réussit à nous surprendre… Car malgré leurs regards glacés et vides, les « mutants » de ce tout jeune artiste russe ont gardé précieusement en eux une sensibilité et une humanité.
Oeuvres:
